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L'UNION FAIT VRAIMENT LA FORCE

Le 12 janvier 2010, un séisme catastrophique d'amplitude entre 7 et 9 sur l'échelle Richter a secoué et démoli plusieurs secteurs de la capitale haïtienne Port-au-Prince.

À Montrouis, en campagne et à 70 km au nord de la capitale, comme dans les villages et villes avoisinantes, les taptap et les bus se sont succédés remplis de pauvres gens ahuris. Transportant leurs morts et leurs blessés, ils fuyaient la misère, la criminalité naissante et la désolation de la grande ville. Plusieurs milliers de sinistrés ont ainsi cherché refuge dans les provinces.

Ne pouvant rester insensible devant tant de malheur, ACIB, sous la gouverne en Haïti de André Ricard, a servi de prête-lieux pour accueillir près de 120 personnes sinistrées dans ses locaux de l'École mixte de la Foi et sa chapelle plus 80 autres dans les locaux d'une autre école tout près sous forme d'un camp d'urgence. Près de 200 personnes au total dont 18 bébés et une soixantaine d'enfants. Par ailleurs, nous accueillons peu de personnes âgées mais beaucoup d'adolescents de 15 à 17 ans seuls qui font peuve d'un grand courage. Notre école et son église ayant résisté au secousses sans fissure ni dommages, sont devenues un refuge sec fort apprécié.

La gestion du camp a été confié à la nouvelle Association de Jeunes Chrétiens Missions Internationale (AJCMI) sous la responsabilité de Diesmy Garçon (un groupe de jeunes haïtiens provenant de différentes églises âgés de 20 à 35 ans). D'un courage et d'un dévouement exemplaire pour les leurs, ils se sont occupés d'aller chercher des victimes à Port-au-Prince et de les ramener dans les refuges, tout en s'engageant à protéger les lieux d'éventuels bris.

AJCMI s'occupe activement de la gestion du camp, soit : la cuisine, le dépôt de nourriture, la vie communautaire et les règles de vie, les stocks, la sécurité, le secrétariat, l’entretien des lieux ainsi que la pharmacie et l’infirmerie. Travaillant tous bénévolement et sans relâche 7 jours sur 7, ils ont accompli la titanesque tâche de maintenir la viabilité et la sécurité du camp.

Pendant un temps, ils ont reçu un coup de main apprécié des jeunes de l'organisme AIDE (Action Intéressée au Développement et à l'Éducation) sous la gouverne de Webill Joseph et son équipe de bénévoles.

Mercredi le 3 février 2010, une équipe de 7 bénévoles ACIB du Québec sont arrivés en renfort. Suite à de nombreuses embûches de parcours et passant par Santo Domingo (République Dominicaine), l’équipe s’est finalement rendue à Montrouis, Haïti. Ils ont apporté leur bagage d'expérience et leur bonne volonté pour aider le camp. Suite à des ajustements et des discussions constructives, ce fut une agréable surprise que de constater l'efficacité de ce jumelage interrelationnel ainsi que les liens étroits qui unissent maintenant les membres du groupe.

Les Québécois ont été jumelés à l'équipe Haïtienne par rôles et tâches afin de faciliter le travail de tous. Mme Yvette Levasseur, fondatrice de ACIB et de l'école, s'est occupée à distribuer des vêtements, les soutenir régulièrement dans la prière, distribuer de l'aide aux professeurs qui abritaient des sinistrés, de ses directeurs et des autres professeurs ainsi que de la préparation au retour en classe. Ainsi, notre école accueillera avec joie tous les enfants du camp selon leur degré scolaire.

Mme Siham Farhoud, propriétaire et administratrice d'un centre pour personnes âgées au Québec, s'est impliquée à l'organisation des cuisines et à l'orphelinat. Mélinda Ricard, gestionnaire d'une entreprise en import-export de produits péruviens et secouriste, a été requise aux soins et à l'infirmerie. Les talents d'hommes à tout faire de Paul D'Auteuil et de Jonathan Blanchard ont servi d'exemple à l'équipe d'entretien et de maintenance des lieux. Stevens Canuel, travailleur de rue sur la Rive-Sud, s'est impliqué dans la vie sociale et communautaire.

André Ricard, retraité de Hydro-Québec et conseiller municipal à la Ville de Saint-Hilaire, était déjà sur place depuis le 12 janvier, jour du séisme. Toutes ses années en tant que chargé de projets et son expérience dans la gestion d'équipes de travail lui ont permis de structurer le camp et de sortir ces gens du chaos. Ses démarches fructueuses auprès des autorités en place et son sens aigü de la diplomatie ont fait de lui un chef de mission humain et efficace.

Il a retenu d'office les services de Maryse Pepin, membre du C.A. de ACIB et propriétaire d'un bureau de graphisme publicitaire au Québec, comme adjointe. Elle l'a accompagné dans toutes ses démarches et rencontres pour mener à bien la mission. Elle s'est aussi jumelée à l'équipe administrative haitienne du camp, partageant ses connaissances en informatique, gestion et logistique sur le terrain.

Pour les soins quotidiens, un dispensaire de fortune a été installé dans les locaux de l'école et un médecin se rend disponible à tous les jours pour les soins aux sinistrés et parfois même au gens du voisinage. Les bénévoles AJCMI et de ACIB assurent les services infirmiers de base pour les nombreux malaises chez les sinistrés. Les médicaments de base sont fournis gracieusement par des donateurs et des ONG, Les frais des prescriptions sont assumés par ACIB.

N'ayant que très peu de ressources, le camp a été inscrit par ACIB à la Protection Civile de Saint-Marc. Dès lors, certaines ONG principales telles que la Minustah, Organization International for Migration (OIM), US army, Help Haïti Now (HHN), Infinite Way, ADRA via M. Charles Le Morzellec de la fondation Eden Garden Orphelinat (EGO) et d'autres se sont intéressées au camp et ont commencé à apporter régulièrement des denrées non périssables pour les sinistrés (riz, fèves, sucre, savon et des ensembles d'hygiène, gamelles, Ration Pack de l'armée, etc.).

ACIB a ramassé au Canada et en Haïti des sommes d'argent de donateurs privés pour subvenir aux besoins quotidiens en nourriture périssable (oeufs, viande, fruits et légumes) soit 4000 gourdes/jour (103$ US). En plus, il faut environ 1500 gourdes/jour (35$ US) pour acheter des médicaments, des couches, payer les transports à l'hôpital, les prescriptions, etc. et une petite caisse pour parer aux imprévus quotidiens. Les dons s'épuisent vite et l'aide sera de plus en plus nécessaire.

La vie quotidienne au camp tourne autour des repas communautaires, de la prière, des corvées de ménage et de lavage, des soins infirmiers et les départs d'urgence pour l'hôpital, des jeux et des pleurs des enfants, des baigandes à la mer ou à la rivière, de la télévision le soir et du sommeil léger dérangé par la vie du dortoir. Plusieurs anecdotes ponctuent aussi le rythme d'une vie qui se veut de plus en plus stable. Après la terreur, le chaos et la peine, quel baume sur la vie de tous ces gens qui ont tout perdu !

Jeudi soir le 11 février 2010, les bénévoles ont organisé une grande fête pour les sinistrés et les orphelins. Ils ont fait bien des heureux en distribuant bonbons, jouets du Québec, Coquiwols (petite douceur culinaire faite d'une boulette de pâte et figues confites cuites dans l'huile) et punch aux fruits. Quelques haitiens improvisés en dj ont mit de la musique et de l'ambiance à la fête. Des petits spectacles et des jeux ont agrémenté la soirée. Que de beaux sourires sour tous les visages ! Pour un soir, la vie était redevenue comme avant.

Mercredi le 17 février dernier, 5 membres de ACIB (André, Mélinda, Siham, Yvette et Maryse) sont rentrés au pays sur un vol humanitaire la tête pleine de souvenirs mémorables et riches d'une expérience de vie unique.

Récemment, le Ministère de l'éducation haïtien a proclamé la reprise des classes dans toutes les écoles pour le premier mars 2010. Ainsi, le camp d'urgence étant installé dans des écoles, il devient maintenant impératif de relocaliser les gens vers des lieux sécurisés, sécurisants et adéquats pour leur future vie sociale et communautaire. Cette immense tâche a été développée et orchestrée par ACIB.

Les 3 membres ACIB restant sur le terrain (Paul, Jonathan et Stevens) travaillent présentement à l’élaboration du camp extérieur pour 200 personnes. En étroite collaboration avec l'équipe haitienne, le camp sera Installé sur un terrain prêté et construit pour une durée temporaire. Cependant, il sera doté de maisonnettes solides coloniales en bois ainsi qu'une infrastructure de base minimale adéquate (puits et latrines). La gestion du camp demeure confiée à AJCMI en collaboration avec ACIB. De plus, les sinistrés eux-même ont été invités à participer activement et à s'impliquer dans les diverses activités de la vie communataire, ce que plusieurs ont accepté d'emblée.

Enfin, ACIB entend bien retourner sur le terrain très prochainement pour terminer leurs tâches mais aussi revoir des amis québécois, haitiens et leurs enjoués timonous (enfants).

C’est à suivre!

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par Maryse Pepin

18 février 2010